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Chronique : La pêche et les parcs
Monsieur GRIMBERT souhaite évoquer la pêche en bord de littoral et plus particulièrement les parcs qui fleurissaient le long de la côte. Ses souvenirs sont toujours nets pour retracer la vie de ses contemporains et nous faire découvrir des activités aujourd'hui disparues.


Au début du XXè siècle, Sainte Marguerite était un village essentiellement tourné vers l'agriculture et à part quelques grandes fermes subsistaient des petites fermes qui possédaient un cheval et deux ou trois vaches. Les familles Hanias, Lamétrie, Rosey, Dumont, Guillace exploitaient une de ces petites fermes et l'été la pêche dans les parcs leur fournissait un revenu d'appoint non négligeable. Par opposition avec la pêche en haute mer, cette forme de pêche était appelée «bassière». Le cheval servait à transporter le poisson vers les villages voisins jusqu'à Dieppe.


Les parcs à marée basse

Comment construisait-on un parc ? D'abord de petits piquets étaient plantés sur l'estran après la limite des galets pour le délimiter puis de grandes perches étaient plantées à environ un mètre d'intervalle. Entre les petits piquets et les perches étaient entrecroisés des branchages qui permettaient de fixer les filets.

Une ligne de perches perpendiculaire à la limite des galets se prolongeait par un pourtour en forme de coeur arrondi, pourtour lui aussi planté de ces grandes perches. Entre les perches étaient tendus de grands filets d'une hauteur de trois à quatre mètres. A marée haute, le poisson arrivant sur la ligne perpendiculaire repart vers le large et arrive dans l'espace clos et arrondi qui l'emprisonne.

Les pêcheurs devaient, avant d'installer un parc, obtenir un autorisation de l'Inscription Maritime de Dieppe. Avant 1914, la famille Gagneux avait son parc à gauche de l'embouchure de la Saane, la famille Varin de Longueil à droite de l'embouchure puis se dressaient les parcs des familles Lamétrie et Guillace, chaque parc étant éloigné du précédent d'une distance de deux cents mètres.


La casino de Dieppe et les parcs


Après la première guerre mondiale, dans les années 1925-1930, Monsieur Philippe Ridel de Saint Valéry reprit un parc sous la falaise. Il connaissait bien la mer et péchait aussi le homard avec un doris. Les autres familles abandonnèrent peu à peu leurs parcs : la famille Gagneux faute d'enfant pour reprendre la ferme, Emmanuel Lamétrie cessa en 1923, les frères Guillace dont l'un était célibataire et l'autre marié tardivement, se replièrent sur les travaux de la ferme ainsi que les familles Rosey et Dumont. Monsieur Ridel, après une interruption pendant les années 1940-1944 repris son activité jusqu'en 1960. L'autorisation de pêcher avec un parc s'éteignait avec la cessation de l'activité.

Cette forme de pêche n'était pas de tout repos ; d'abord, pour suivre les marées, il fallait souvent sortir de nuit. Ensuite, les pêcheurs devaient prévoir les tempêtes, ils se fiaient aux coups de vent «voila un coup d'mé» disaient-ils avant de décrocher les filets en toute hâte. Dès la tempête éloignée, ils devaient changer les perches brisées et retendre les filets car les marées qui suivaient étaient souvent bonnes : «le poisson a bougé». Parfois aussi le pêcheur criait: « on a brisé ! », le filet était déchiré, il fallait le changer et le réparer. Les marées du matin étaient meilleures que celles du soir, les truites en particulier venaient frayer le matin à l'embouchure de la Saâne.

Quand la mer se retirait, les pêcheurs venaient découvrir leur prise dans les filets et dans le parc :
carrelets, orphies, roussettes, truites saumonées, harengs, soles, mulets... Les meilleurs poissons étaient vendus aux hôtels. La famille Leroux qui exploitait le Balcon Fleuri tendait un parc sous le phare d'Ailly pendant la saison estivale et servait ses poissons frais à leurs clients. La source sous le phare attirait la truite de mer. Avec le cheval de la ferme, le poisson était acheminé vers les villages environnants et le beau poisson était parfois transporté jusqu'à la criée de Dieppe. Quand le poisson n'était pas abondant il était transporté à pieds jusqu'à dix, douze kilomètres du village. Pour le conserver pendant les transports, le poisson était protégé par un lit d'orties. Parfois, la pêche pouvait être «miraculeuse», ainsi, un an ou deux après la Libération, des bans de harengs furent déportés vers la falaise et Monsieur Ridel captura plusieurs tonnes de harengs dans son parc. Les gens venaient de partout pour aider le pêcheur à ramasser et dégager les poissons des filets, les harengs étaient « broqués » dans la maille ! Ils étaient ensuite vendus sur place.

La saison de la pêche «bassière» s'étendait d'avril à novembre, mois du hareng et de la morue, poissons d'eau froide. Le travail était rude et prenant et la rentabilité faible. Avec la disparition du varech, le poisson se fit plus rare et les parcs disparurent définitivement dans les années soixante. Aujourd'hui, il ne subsiste que les pêcheurs à pieds qui ramassent les crevettes avec leur «pousseux», qui pêchent «à la raquette» les bouquets sous les bonnes roches non ensablées, qui ramassent les moules et les vigneaux , tout cela pour leur plaisir.


A suivre…


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